Prix des prothèses dentaires : De fortes disparités selon les régions

On le sait, les soins dentaires sont loin d’être accessibles à tous en France. Et même avec une bonne mutuelle de santé, la pose d’un bridge ou d’une couronne peut représenter une charge considérable pour de nombreux français.

Mais saviez vous que les prix peuvent varier selon la ville dans laquelle vous résidez. Une récente étude (menée par la célèbre association 60 millions de consommateurs) a en effet dévoilée que les tarifs pouvaient varier de 30 %. Découvrez les résultats de cette enquête couvrant 40 grandes villes de France, et la réaction des professionnels de la santé.

Des écarts importants entre les régions

C’est en effet une enquête menée par 60 millions de consommateurs auprès de plus de 5 000 dentistes français qui a permis de montrer ces écarts considérables entre le montant d’une prothèse dentaire. Par exemple, la pose d’une couronne céramo-métallique représentera un coût total de 519 euros, et montera jusqu’à 704 euros si vous vous faites opérer à Paris.

Le problème s’explique principalement du fait que les honoraires liées à la pose d’une prothèse dentaire sont librement fixés par les chirurgiens dentistes, à qui on demande uniquement de faire preuve de « tact et mesure ». Résultat : en plus d’être le plus souvent très élevés (comparés à nos voisins européens), le prix sera loin d’être le même entre un parisien et un nîmois !

Et malgré cet écart de plus de 30 %, l’intervention sera remboursée de la même manière par l’Assurance Maladie, soit à hauteur de 75,25 euros pour une couronne céramo-métallique, quel que soit le montant de la facture précise le site holodent.fr

prix protheses dentaires

Un traitement dentaire encore très peu accessible

C’est justement cette prise en charge minimale et ne tenant pas compte des disparités géographiques qui va accentuer le manque d’accessibilité de soins dentaires, pourtant nécessaires (et non uniquement esthétiques). En effet, dans l’exemple de la couronne céramo-métallique, le reste à charge à régler par le patient sera considérable (plusieurs centaines d’euros), ce qui explique que beaucoup renoncent à ces soins élémentaires, ou font le choix de se faire traiter en Afrique du Nord ou en Europe de l’Est. En France, de 15 à 35 % des patients renoncent à la pose d’une prothèse.

Pour la seule année 2016, les français ont en effet déboursé plus de 11 milliards d’euros en soins dentaires. Une somme qui descend à 3 milliards après la prise en charge de l’Assurance Maladie (à hauteur de 3,7 milliards) et des mutuelles de santé (4,5 milliards).

Les dentistes réagissent

Cette enquête a d’ailleurs fait vivement réagir les professionnels de la santé, qui tiennent à rappeler que 80 % des soins dentaires sont concernés par le reste à charge. Il est également important de préciser, selon les dentistes français, que de nombreux facteurs expliquent ces disparités régionales. En effet, la réalisation de la prothèse en elle-même ne couvre en réalité que 10 % du devis final. Et en plus des grandes différences de qualités dans les couronnes réalisées et proposées aux patients, il faut également ajouter les charges du cabinet dentaire. Ces dernières seront logiquement plus élevées dans les grandes villes, notamment à Paris, puisque le prix des loyers y est beaucoup plus onéreux qu’en province.

Ce que craignent les dentistes, et qui transparait dans leur réaction à l’étude menée par 60 millions de consommateurs, c’est que les patients français, qui lorgnent déjà vers l’étranger, choisissent de se tourner vers les cabinets dentistes low-costs. Rappelons tout de même que près de 4 français sur 10 renoncent encore à se faire soigner.

Que va changer le « zéro reste à charge » ?

Le gouvernement a lancé plusieurs pistes pour remédier au problème d’accessibilité et de disparités régionales en matière de prothèses dentaires. La première est d’obliger les praticiens à indiquer le prix d’achat de la prothèse posées sur le devis final présenté au patient (afin qu’il puisse juger lui-même du ratio entre le coût du matériau et les frais du cabinet). C’est cependant une mesure à laquelle s’opposent activement les professionnels, qui sont parvenus, il y a plusieurs années, à la faire remplacer par la provenance de la prothèse dentaire. Cependant, il est possible que cette volonté de transparence leur soit imposée dans les mois à venir.

Le sujet des tarifs des interventions dentaires restent source de conflits entre les praticiens et l’Assurance maladie. Les négociations sur les conventions de soin sont en effet au point mort, et pour l’instant, les prix sont toujours libres. Et toujours deux fois plus onéreux que chez notre voisin allemand, par exemple. Les relations entre dentistes et politiques ne devraient d’ailleurs pas se réchauffer à l’annonce de la promesse du président Macron, qui souhaitent imposer le « zéro reste à charge » en matière de prothèse dentaire.

Cela permettrait ainsi de rembourser entièrement ces soins « essentiels » et donc de les rendre plus accessibles. Cette question a le potentiel de bloquer les négociations conventionnelles, déjà difficiles. Elle n’est d’ailleurs considérée que comme un geste électoral de la part du gouvernement, et ne serait suivie d’aucune proposition concrète quant à sa mise en œuvre.

La solution proposée par les syndicats serait de revaloriser d’autres actes de soin, notamment en matière de prévention et de chirurgie, pour palier à un manque de compensation de la part de l’Assurance maladie. On devrait donc craindre une hausse du prix des détartrages ou de l’extraction d’une carie (qui seraient beaucoup moins chers en France qu’en Suède ou en Allemagne. Les dentistes exigent également un important soutien de la part des instances publiques, et réclament une enveloppe de 1,5 milliard d’euros. Rendez-vous fin avril pour connaître les résultats de ces négociations, qui s’annoncent plutôt corsées.

 

 

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