Embolie pulmonaire : Définition, symptôme et traitement

Vous avez sûrement déjà entendu parler d’une affection courante, nommée « embolie pulmonaire ». Si elle est fréquente et parfois mortelle, il n’est pas toujours simple de mettre une définition claire sur ce problème de santé assez particulier. Pour vous aider à y voir plus clair, nous allons vous le présenter. Voici tout ce qu’il faut savoir au sujet de l’embolie pulmonaire.

En France, chaque année, on dénombre 100 000 cas d’embolie pulmonaire. Cette affection est responsable de 10 000 à 20 000 décès par an. De l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, l’embolie pulmonaire engendre entre 100 000 et 200 000 décès chaque année !

embolie pulmonaire

Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire ?

L’embolie pulmonaire est une obstruction de l’une des branches (ou des deux branches) de l’artère pulmonaire par un caillot ou un corps étranger. Il s’agit de l’artère qui irrigue les poumons. Le plus souvent, cette embolie est soudaine, partielle ou totale. Elle est une conséquence secondaire possible à la circulation de caillots veineux provenant de nos membres inférieurs. En effet, dans neuf cas sur dix, l’embolie pulmonaire est une complication majeure d’une phlébite pelvienne ou jambière. Mais elle peut aussi être provoquée par l’obstruction de l’artère par une bulle d’air, de la moelle osseuse ou d’autres éléments.

Lorsqu’un caillot n’adhère pas correctement à la veine, il se détache et commence une migration dans le système sanguin. Au cours de ce périple, il peut passer dans les veines caves et ainsi atteindre le côté droit du cœur. Il peut aussi s’introduire dans l’artère pulmonaire et provoquer ainsi une embolie pulmonaire. Cette dernière est généralement le résultat d’un processus à répétition. Cela qui signifie qu’il y a déjà eu plusieurs embolies, passées totalement inaperçues et donc d’intensité moindre, avant l’embolie pulmonaire.

Embolie pulmonaire : les personnes à risque

Certaines personnes sont plus à risque que d’autres face à l’embolie pulmonaire. Il s’agit notamment des patients qui souffrent d’une insuffisance cardiaque et respiratoire. Ce sont eux les plus exposés. Ils suivent le plus souvent un traitement anticoagulant préventif en raison de la fréquence des embolies et de leur gravité chez ces personnes en particulier.

Par ailleurs, les embolies pulmonaires et les thromboses veineuses sont favorisées par les longs trajets aériens. Et ce même chez les patients qui semblent en bonne santé. Les facteurs peuvent alors être la déshydratation en raison du faible taux d’humidité dans l’air ambiant, l’hypoxie ainsi que la consommation d’alcool. De plus, rester assis de manière prolongée peut aussi favoriser des modifications de la composition sanguine des veines de nos membres inférieurs.

Il faut aussi savoir que s’il existe des personnes à risque, l’embolie pulmonaire peut tout à fait survenir chez une personne en bonne santé. Elle peut être particulièrement dangereuse pour la santé, et doit faire l’objet d’un traitement immédiat afin de réduire le risque de mortalité.

Les causes et facteurs de risque de l’embolie pulmonaire

Les embolies pulmonaires sont, dans la majeure partie des cas, causées par la migration d’un caillot en direction des poumons. Ce dernier se forme généralement dans le bassin, dans un bras ou dans la veine profonde d’une jambe. Une phlébite peut être provoquée par une hypercoagulabilité ou une infection de la paroi veineuse. Et notamment lorsque la position couchée est prolongée. D’une manière générale, les situations qui engendrent cette immobilisation prolongée favorisent alors le ralentissement de la circulation sanguine, ce qui augmente le risque de formation d’une thrombose veineuse. De plus, les opérations de chirurgie représentent également un risque important, et notamment la chirurgie gynéco obstétricale, la chirurgie orthopédique, la chirurgie cancéreuse et les immobilisations plâtrées.

Les différentes causes d’embolies pulmonaires

Lorsque le caillot à l’origine de l’embolie provient d’une phlébite, on l’appelle alors une embolie pulmonaire fibrine-cruorique. Elle est la plus courante (90 % des cas). Or, dans des cas plus rares, l’embolie peut être causée par un obstacle divers : une viscosité graisseuse, des cellules tumorales, une formation parasitaire ou encore une bulle d’air. Leurs causes de ces cas de figure peuvent donc être :

  • L’embolie graisseuse est totalement accidentelle. Elle se produit lorsqu’un liquide graisseux est introduit dans le système vasculaire en raison d’une erreur de manipulation. La densité de ce produit interdit totalement le mélange avec le sang et engendre des embolies particulières. On peut aussi observer ce phénomène à la suite d’un massage cardiaque externe fracturant le sternum et les côtes ou d’une fracture ouverte. Dans ces deux cas, il arrive que la moelle osseuse pénètre dans une artère ou dans une veine.
  • L’embolie septique est provoquée par un bouchon. Ce dernier est une agglomération parasitaire ou microbienne engendrée par des fragments de tissus nécrosés. Ainsi, le corps étranger adopte le même comportement que le caillot, et engendre des effets identiques. On l’appelle l’embolie des tissus cancéreux métastatiques.
  • Enfin, l’embolie gazeuse survient dans le cadre de l’avortement, lorsque de l’air est injecté dans la cavité utérine. L’azote dissous dans le sang se libère de manière trop brutale.

Les symptômes de l’embolie pulmonaire

L’embolie pulmonaire est aujourd’hui considérée comme une affection fréquente. Dès lors qu’une anomalie respiratoire survient de manière soudaine et brutale, le diagnostic de l’embolie pulmonaire est suspecté par les professionnels de santé.

Les symptômes

symptome embolie pulmonaireDans la plupart des cas, l’embolie pulmonaire entraîne une sudation excessive, de la toux accompagnée de crachats de sang, un essoufflement soudain et une respiration difficile. La douleur thoracique ressentie est intense. Les embolies pulmonaires foudroyantes provoquent un collapsus, qui entraîne une mort subite ou une mort en seulement quelques minutes. Les embolies pulmonaires frustes sont particulièrement fréquentes. Les symptômes peuvent néanmoins être trompeurs : angoisse, tachycardie inexpliquée, gêne respiratoire, vague douleur thoracique…

Enfin, l’embolie pulmonaire avec cœur pulmonaire aiguë peut être mortelle, notamment chez les patients alités à la suite d’une opération de chirurgie. Une vive douleur thoracique médiane ou latéralisée marque le début brutal de l’embolie. Cette douleur est angoissante, et entraîne des sueurs, une respiration rapide, une toux sèche et une cyanose (coloration bleue des téguments).

Au cours de l’examen clinique, les médecins remarquent un pouls rapide, une chute de la tension artérielle, et un bruit rappelant celui du galop à l’auscultation. Le foie gagne du volume et devient douloureux. Un état de tension augmenté est fréquent (turgescence veineuse). Enfin, la recherche des signes de phlébite est souvent négative dans ce cas (stade de phlébothrombose). En revanche, si elle est présente, alors elle permet un diagnostic plus rapide.

Le diagnostic de l’embolie pulmonaire

Chez les personnes qui présentent des maladies cardiovasculaires ou pulmonaires, il n’est pas toujours facile d’identifier l’embolie pulmonaire. Une consultation médicale et des tests sont le plus souvent nécessaires.

En premier lieu, le médecin procède à un examen clinique. Pour cela, il essaie de détecter les signes fonctionnels du patient (détresse respiratoire, dyspnée, douleur thoracique, etc.) ainsi que les signes généraux. Il s’agit de la fièvre, des palpitations et de l’anxiété. Enfin, le médecin détecte les éventuels signes cliniques, comme la toux, l’hypoxie, la tachycardie, la cyanose isolée, l’insuffisance cardiaque droite… Des auscultations cardiaque et pulmonaire sont indispensables pour diagnostiquer l’embolie pulmonaire.

Les examens complémentaires

Le plus souvent, quelques examens complémentaires s’avèrent nécessaires. Les plus utiles sont la scintigraphie pulmonaire et le scanner thoracique. De préférence, le scanner doit être réalisé en urgence et il permet de mettre en évidence un défaut de perfusion. L’ECG (ou électrocardiogramme) permet de détecter les signes de cœur pulmonaire aigu. Ensuite, une radiographie des poumons peut aussi aider le diagnostic.

Dans certains cas, les médecins procèdent à une étude des gaz du sang artériel, afin de mettre en évidence une hypoxie, qui désigne une baisse du taux d’oxygène dans le sang. Cet examen permet aussi de révéler une baisse du gaz carbonique sanguin, aussi appelé hypocapnie. Les cardiologues peuvent réaliser une angiographie pulmonaire sélective, notamment après le cathétérisme de l’artère pulmonaire. Le diagnostic d’exclusion de l’embolie pulmonaire et de la thrombose peut être posé par la mesure du dosage du D-dimère. Enfin, le Doppler veineux des membres inférieurs permet de confirmer l’hypothèse de la phlébite.

Le diagnostic différentiel

L’embolie pulmonaire engendre une douleur thoracique angoissante et aiguë, qui rappelle celle provoquée par l’infarctus du myocarde. Un diagnostic différentiel peut être posé par l’électrocardiogramme, la scintigraphie pulmonaire, la péricardite aiguë, la dissection aortique ainsi que par le dosage des enzymes cardiaques (transaminases).

Les complications possibles

Lorsque le caillot sanguin à l’origine de l’embolie pulmonaire est volumineux, il peut bloquer la circulation sanguine en direction des poumons. Dans certains cas, l’embolie peut s’aggraver et conduire à des dommages permanents dans le poumon affecté. Il peut aussi réduire le niveau d’oxygène dans le sang et causer des dommages à d’autres organes, en raison du manque d’oxygène. Enfin, dans 10 à 20 % des cas, l’embolie pulmonaire entraîne le décès.

Le traitement de l’embolie pulmonaire

L’objectif de ce traitement est de lyser le caillot en créant une hypocoagulabilité suffisante. Il permet aussi de prévenir la migration d’embolies et d’empêcher le développement d’autres thromboses. Ainsi, le traitement de l’embolie repose sur la prise d’anticoagulants, qui sont l’héparine et les antivitamines K. Les médecins recommandent aussi la contention veineuse dans le cas d’une thrombose des membres inférieurs.

En règle générale, ce traitement anticoagulant permet une amélioration de l’état de santé du patient dans les 24 à 48 heures. Néanmoins, une complication et une aggravation demeurent possibles durant les premières heures. Dès lors, le patient nécessite une intervention chirurgicale (embolectomie) ou un traitement thrombolytique. Une évolution fatale reste possible et se trouve d’ailleurs être assez fréquente. Lorsque le cap critique des premiers jours de traitement est passé, il devient essentiel de prévenir les récidives à l’aide d’un traitement anticoagulant.

En cas d’urgence, il faut souvent utiliser des anticoagulants, des sédatifs et l’oxygénothérapie. Parfois, un traitement de choc est nécessaire pour soigner un patient, et potentiellement lui sauver la vie.

Comment prévenir l’embolie pulmonaire ?

La plupart des personnes récupèrent après avoir fait une embolie pulmonaire. Or, cette affection peut être dangereuse et entraîner la mort si elle n’est pas traitée de manière immédiate. La prévention demeure une solution fiable pour éviter les récidives ou tout simplement éviter une embolie pulmonaire fatale.

Un traitement préventif spécifique

Pour certaines personnes (et notamment les personnes à risque), un traitement préventif est indispensable. Celui-ci repose alors sur une prescription d’anticoagulants. Il concerne le plus souvent les personnes exposées à une thrombose veineuse profonde. Il s’agit par exemple des personnes alitées et des patients convalescents d’opération de chirurgie. Ce traitement se compose alors d’héparine standard par voie sous-cutanée ou d’héparine de bas poids moléculaire, ainsi que d’anti-vitamines K.

Prévenir chaque jour

Chaque jour, restez en activité. Marchez si possible. Si vous travaillez en position assise, ou si vous devez rester étendu(e) durant de longues périodes, faites de l’exercice sur place. Vous pourrez par exemple vous étirer, faire des cercles avec vos chevilles, fléchir les genoux et les chevilles… Appuyez vos pieds contre une surface dure, pointez vos orteils et pliez-les. Par ailleurs, gardez les pieds au sol et ne croisez pas les jambes. Ne portez pas de chaussettes ou de bas trop serrés. Si vous avez des varices, portez des bas de support qui favorisent les mouvements fluides et la circulation sanguine.

Après une chirurgie, ne restez pas au lit : tentez de marcher, déplacez-vous autant que possible. Au cours des longs trajets en position assise (avion, voiture), levez-vous et marchez au moins toutes les deux heures. Buvez de l’eau et privilégiez toujours cette boisson. Maintenir une bonne hydratation est l’une des meilleures mesures à mettre en place pour éviter les embolies pulmonaires et préserver sa santé. Évitez les boissons à la caféine et l’alcool.

Prévenir l’embolie pulmonaire en avion

Quelques conseils peuvent favoriser la prévention d’embolies pulmonaires dans le cadre des voyages en avion :

  • Éviter de boire de l’alcool durant un vol ;
  • Éviter de fumer plusieurs jours avant le décollage ;
  • Boire beaucoup d’eau et se maintenir hydraté(e) ;
  • Prévoir un traitement anticoagulant préventif lorsqu’on est une personne à risque (demander conseil à son médecin) ;
  • Se lever et marcher régulièrement dans les allées durant le vol (choisir pour cela une place du côté des allées).

Si vous soupçonnez une embolie pulmonaire, consultez sans plus attendre votre médecin. N’hésitez pas à adopter des mesures préventives pour éviter les embolies ou les récidives !