Maladie de Crohn : Symptômes, Régimes et Traitements

La maladie de Crohn est aujourd’hui considérée comme la maladie inflammatoire chronique intestinale la plus courante et la plus répandue dans le monde. Elle touche actuellement un million de personnes en Europe, dont 90 000 uniquement en France. Si son origine est encore floue, son fonctionnement est particulier, et son diagnostic est relativement simple. Voici tout ce que vous devez savoir au sujet de la maladie de Crohn.

maladie de crohn

Qu’est-ce que la maladie de Crohn ?

La maladie de Crohn est caractérisée par une inflammation chronique du tube digestif, et plus précisément de sa paroi. Elle peut donc affecter tout ou partie du tube digestif, de la bouche à l’anus en passant par les intestins. Cependant, il faut savoir que dans plus de neuf cas sur dix, les zones inflammatoires concernées se situent à la fin de l’intestin grêle, dans une zone que l’on appelle l’iléon, ainsi que dans le côlon. Dans le cadre de la maladie de Crohn, l’inflammation est essentiellement segmentaire. Cela signifie que des segments du tube digestif atteints alternent avec des segments intacts. L’inflammation générée par la maladie est également asymétrique par rapport à l’axe du tube digestif.

Ainsi, la maladie de Crohn est une MICI (Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin). Dans la plupart des cas, elle débute chez les jeunes adultes âgés de vingt à trente ans. Parfois, elle se développe au cours de l’enfance ou à l’adolescence, même si elle peut tout à fait apparaître à l’âge adulte. On estime qu’environ 30 % des patients font une unique poussée. Pour les autres, la maladie évolue et les lésions qu’elle génère s’aggravent à chaque nouvelle poussée. Sur le long terme, la maladie peut engendrer des dégâts importants et définitifs sur le tube digestif, ainsi que certaines complications bien distinctes.

Ainsi, l’inflammation peut par exemple provoquer des plaies et des fissures à certains endroits du tube digestif, ainsi qu’un épaississement des parois à d’autres. Mais comme vous le verrez, les complications et conséquences de la maladie peuvent être nombreuses.

Les causes de la maladie de Crohn

causes maladie de crohnNous savons que la maladie de Crohn est engendrée par une inflammation durable des couches profondes et des parois du tube digestif. Néanmoins, les causes de cette maladie restent indéterminées et probablement multiples, ce qui pourrait impliquer des facteurs auto-immuns, génétiques et environnementaux divers.

La maladie de Crohn, tout comme la colite ulcéreuse, possède certaines caractéristiques de maladie auto-immune. Ainsi, les chercheurs estiment que l’inflammation du tube digestif pourrait être liée à une réaction immunitaire importante de l’organisme face aux bactéries et aux virus de l’intestin (facteurs auto-immuns).

D’autre part, la maladie de Crohn ne semble pas être entièrement génétique. Néanmoins, certains gènes semblent amplifier le risque d’être atteint par cette maladie. Il existerait donc une prédisposition génétique qui, combinée à certains autres facteurs, favoriserait le développement et le déclenchement de la maladie.

Un grand nombre d’autres pistes sont également explorées par les chercheurs. Parmi elles se trouvent les facteurs environnementaux. La maladie de Crohn est très présente dans les pays industrialisés, et le nombre de patients atteints a augmenté depuis les années 1950. Cela laisse penser que la maladie pourrait être en partie liée au mode de vie occidental.

Enfin, les chercheurs se penchent sur une possible infection par une bactérie ou un virus pour expliquer le déclenchement de la maladie. Les véritables causes de la maladie de Crohn restent donc floues pour le moment.

Les personnes à risque

Comme nous l’avons expliqué, les pays industrialisés semblent plus touchés par la maladie de Crohn que les autres. Il n’y a pas d’âge propice à son déclenchement, mais le mode de vie occidental pourrait avoir une incidence. De plus, certaines personnes pourraient être dotées d’une prédisposition à la maladie de Crohn (antécédents familiaux de maladie inflammatoire de l’intestin). Aussi longtemps que les causes de la maladie restent floues, il sera difficile d’estimer quelle part de la population est la plus susceptible d’être touchée. En revanche, il existe un facteur qui accroît le risque d’être atteint de cette maladie : il s’agit du tabagisme.

Les symptômes de la maladie de Crohn

Pour rappel, la maladie de Crohn peut affecter n’importe quelle partie de notre tube digestif. Les symptômes ainsi que leur gravité varient alors d’un patient à l’autre. Or, les principaux symptômes de cette affection sont généralement les mêmes  :

  • Un malaise général et de la fatigue ;
  • Des crampes et des douleurs abdominales fréquentes, qui s’accentuent après chaque repas ;
  • Une diarrhée chronique, qui peut durer plus de deux semaines ;
  • Une perte de poids et un faible appétit, malgré une alimentation équilibrée.

On peut aussi reconnaître la maladie de Crohn en raison des autres symptômes qu’elle génère. Il s’agit notamment des symptômes suivants :

  • Du sang dans les selles en quantités parfois importantes ;
  • Des nausées et des vomissements ;
  • Une fièvre légère allant de 38 à 40 °C.
  • Des douleurs articulaires et l’arthrite (des rhumatismes inflammatoires des articulations périphériques) ;
  • Une ou plusieurs atteintes inflammatoires de l’œil ou de la peau ;
  • Des glaires dans les selles. Il s’agit d’un mucus relativement épais, présentant une consistance similaire à celle du blanc d’œuf.

À ne pas confondre avec la colite ulcéreuse

La maladie de Crohn doit être différenciée de la colite ulcéreuse, dont les symptômes sont parfois très similaires. En effet, ces deux maladies inflammatoires de l’intestin ont beaucoup en commun. Or, la colite ulcéreuse ne touche qu’une partie bien délimitée de côlon et du rectum. Comme nous l’avons expliqué, la maladie de Crohn touche tout ou partie du tube digestif, de la bouche aux extrémités des intestins. S’il n’est pas possible de distinguer ces deux maladies, on parle alors d’une « colite indéterminée ».

Les évolutions possibles de la maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une maladie chronique, qui est donc présente tout au long de la vie du malade. Dans la plupart des cas, celle-ci évolue par poussées alternées avec des périodes de rémission, pouvant durer plusieurs semaines à plusieurs mois. Entre 10 et 20 % des personnes atteintes présentent une rémission dès la fin de la première poussée. Pour les autres, les crises (ou récidives) se poursuivent de manière totalement imprévisible, et leur intensité peut considérablement varier. Dans certains cas, les symptômes sont si puissants qu’ils entraînent une hospitalisation. Néanmoins, cette maladie est relativement bien prise en charge, ce qui permet aux personnes atteintes de vivre une vie normale.

Les complications de la maladie

Dans certains cas, des complications liées à la maladie peuvent apparaître. Il peut s’agir de complications digestives, comme des fissures anales, une anémie, une dénutrition, des fistules ou encore, une sténose intestinale (réduction du diamètre de l’intestin). On remarque parfois aussi des complications extra-digestives, comme des maladies auto-immunes à l’image de la polyarthrite rhumatoïde. Mais aussi des problèmes vasculaires, une pyodermite, une uvéite, des troubles cognitifs…

On peut aussi citer des hémorragies du tube digestif souvent graves, qui restent rares, ainsi que des ulcères dans la paroi du tube digestif. Enfin, on sait aussi que les personnes atteintes de cette maladie présentent un risque accru de développer un cancer colorectal. Pour détecter un développement tumoral précoce, des coloscopies régulières sont souvent mises en place.

Les conséquences possibles

Chez les plus jeunes, cette maladie peut être à l’origine d’un retard de puberté et de croissance, ainsi que de difficultés scolaires. Pour les adultes, la maladie peut aussi avoir des répercussions professionnelles et psychologiques, en raison de son caractère invalidant, et parfois tabou. D’autre part, la maladie de Crohn peut être à l’origine d’une dénutrition et d’un amaigrissement, en raison de son effet sur l’appétit en temps de crise. De plus, lorsqu’elle est en phase active chez la femme enceinte, la maladie de Crohn est souvent à l’origine d’une augmentation du risque d’avortement spontané. De plus, dans ce même cadre, elle peut rendre le développement difficile du fœtus.

Le traitement de la maladie de Crohn

Pour l’heure, il n’existe pas de véritable traitement curatif de la maladie de Crohn. La plupart du temps, une prise en charge pluridisciplinaire est mise en place. Celle-ci permet aux patients de vivre normalement. Ce type de traitement vise alors à réduire les symptômes, à prévenir les rechutes, à calmer les poussées et à améliorer la qualité de vie des patients. Pour y parvenir, les médecins proposent des mesures médicamenteuses, diététiques et parfois chirurgicales.

Un régime alimentaire sain et diététique

En ce qui concerne l’alimentation, les personnes sujettes à la maladie de Crohn ne sont pas dans l’obligation de suivre un régime alimentaire spécifique en période de rémission. Il leur suffit d’adopter une alimentation saine et équilibré. En revanche, lors des poussées, les médecins conseillent un régime sans fibre aux patients, mais aussi sans lait et sans polyols (édulcorants présents dans les produits dits « sans sucre »), ce qui permet de limiter les douleurs, le risque d’occlusion et la diarrhée. Dans le cadre d’une poussée sévère entraînant une dénutrition, une alimentation assistée peut être nécessaire.

Quelques mesures d’hygiène

Ainsi, le traitement de la maladie de Crohn repose sur plusieurs approches, et notamment sur des mesures d’hygiène, dont la première est l’arrêt total du tabac. Cette mesure permet de réduire l’intensité et la fréquence des poussées. Parfois, elle permet aussi d’éviter le recours à la chirurgie. D’autre part, il est préférable d’éviter le stress. En effet, s’il n’est pas responsable de la maladie, il constitue un facteur favorisant les poussées. Pour affronter la maladie, les personnes touchées peuvent se tourner vers les associations de patients, qui leur prodiguent de précieux conseils.

Le traitement médical des symptômes

Comme nous l’avons expliqué, le traitement médicamenteux agit sur les symptômes de la maladie. Il permet notamment d’améliorer la qualité de vie des patients, tout en permettant de repousser le recours à la chirurgie. Dans ce cadre, les anti-inflammatoires, les immunosuppresseurs et les corticoïdes sont souvent utilisés. C’est aussi le cas des antibiotiques et des biothérapies anti-TNF alpha. Enfin, les médecins prescrivent souvent du fer aux personnes atteintes de la maladie de Crohn, principalement en raison du risque d’anémie engendré par les carences alimentaires courantes.

Le recours à la chirurgie

Lorsque le traitement médicamenteux et les approches complémentaires se montrent insuffisants, une chirurgie peut être nécessaire. Celle-ci permet notamment de traiter certaines complications liées à la maladie (qui reste présente malgré tout). L’opération consiste alors à ôter les parties de l’intestin atteintes par les lésions. On accompagne parfois cette intervention d’une ouverture temporaire de l’abdomen (stomie), permettant aux parties opérées de cicatriser. Si la chirurgie peut être une solution efficace, elle ne peut pas garantir l’absence de récidives sur le reste du tube digestif.

Peut-on prévenir la maladie de Crohn ?

Comme on ignore encore pourquoi et comment la maladie se déclare, il est impossible de la prévenir. Les études menées à ce jour suggèrent qu’une consommation accrue de protéines animales augmente le risque d’en souffrir, mais ces données restent à confirmer. Alors, si on ne peut pas prévenir la maladie, il est tout de même possible d’en prévenir l’aggravation et les récidives. Voici comment :

  • Ne pas fumer : comme nous l’avons vu, le tabagisme accroît la fréquence et l’intensité des poussées ;
  • Suivre le traitement : s’il est adapté et bien suivi, le traitement permet de réduire les crises (fréquence et intensité), et de prévenir l’aggravation des diverses lésions ;
  • Éviter les médicaments anti-inflammatoires en vente libre : demandez toujours conseil à votre médecin avant de prendre ce type de médicament. Certains peuvent déclencher des crises ou aggraver les symptômes de la maladie.
  • Adopter une alimentation saine et équilibrée : pour réduire l’incidence de la maladie sur la vie de tous les jours, il est conseillé d’adopter un régime alimentaire sain. Évitez les sucres raffinés et privilégiez les sources d’acides gras oméga-3. De plus, évitez les aliments susceptibles d’aggraver les symptômes (ces aliments varient d’une personne à l’autre). Il s’agit le plus souvent des céréales, de la viande rouge, des produits laitiers ainsi que de quelques fruits et légumes.
  • Tenir un carnet de la composition de ses repas : les médecins conseillent de suivre régulièrement le contenu des repas, pour identifier les aliments susceptibles d’être à l’origine du déclenchement de crises. La réaction aux aliments peut ne pas être immédiate.
Maladie de Crohn : Symptômes, Régimes et Traitements
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