Mononucléose : Définition, causes, symptômes et traitements

La mononucléose, ou mononucléose infectieuse est une maladie qui touche essentiellement les adolescents, les jeunes adultes et les enfants. Elle résulte de la contagion par le virus EBV (Epstein-Barr ), qui appartient à la famille des herpes. Cette maladie est-elle grave ? Qu’est-ce qu’elle implique ? Quels sont les facteurs de risque et les symptômes de la maladie ? Vous trouverez toutes les réponses ici.

mononucléose

Qu’est-ce que la mononucléose ?

La mononucléose infectieuse est une maladie causée par un virus. Il s’agit du virus Epstein-Barr (EBV). On l’appelle communément « la maladie du baiser » ou « la maladie des fiancés », puisque le virus dont elle est issue appartient à la famille des herpès virus. La maladie a tendance à toucher les adolescents, les enfants et les jeunes adultes davantage que les adultes.

Le virus d’Epstein-Barr se transmet le plus souvent par la salive, d’où ses divers surnoms. Dans de rares cas, le virus se transmet aussi par transfusion sanguine. Lorsqu’il entre dans l’organisme, Epstein-Barr s’établit dans les ganglions et s’endort, silencieusement et sans provoquer de récidive. Les personnes qui portent ce virus peuvent toutefois contaminer d’autres personnes, en raison de la production de virus dans la salive. Ces personnes sont des excréteurs asymptomatiques. Mais dans certains cas, le virus entraîne une maladie infectieuse : la mononucléose.

En règle générale, la contamination au virus Epstein-Barr a lieu au cours de l’enfance ou de l’adolescence. On estime qu’aujourd’hui, entre sept et huit adultes sur dix sont porteurs du virus EBV. Enfin, 20 % à 30 % des adultes sont considérés comme des excréteurs asymptomatiques du virus Epstein-Barr.

Les causes de la mononucléose

virus Epstein BarrComme nous l’avons évoqué, cette maladie infectieuse est due au virus Epstein-Barr. Ce virus est très répandu, et se transmet donc par la salive. Or, il n’engendre pas systématiquement une infection, qui se déclare dans un cas sur deux seulement. Dans la majeure partie des cas, ce virus est même totalement inoffensif. Il prend place dans notre organisme sans que nous nous en apercevions. Dès le jeune âge de cinq ans, une personne sur deux est porteuse du virus Epstein-Barr. À partir de quarante ans, cette proportion atteint neuf personnes sur dix. Le sang des personnes infectées présentes des anticorps qui luttent contre ce virus. Il faut préciser qu’une fois infecté, un individu conserve le virus dans son organisme tout au long de sa vie, sans montrer de symptômes particuliers.

Néanmoins, dans certains cas, la première infection par le virus Epstein-Barr entraîne une mononucléose. Une personne infectée est contagieuse dès l’instant de l’infection. Elle l’est donc dès le début de la période d’incubation, qui est de plusieurs semaines avant l’apparition des premiers symptômes. Après sa guérison, la personne reste contagieuse durant plusieurs mois, même si le risque de contagion reste plus élevé au cours des premières semaines de la maladie.

Les personnes à risque et les facteurs de risque

La mononucléose peut survenir à tout âge, tout comme une infection par le virus Epstein-Barr. Néanmoins, les enfants, les adolescents et les jeunes adultes sont généralement les plus touchés. Il n’existe pas de facteur de risque à proprement parler, puisque la maladie est virale et se répand silencieusement au sein de la population. Les symptômes de la maladie semblent néanmoins plus présents dans les régions où les mesures d’hygiène sont prédominantes. En effet, de bonnes conditions d’hygiène entraînent des infections plus tardives dans la vie. De ce fait, la contagion a souvent lieu à l’adolescence plutôt qu’à l’enfance. Et justement, au cours de l’enfance, l’infection provoque généralement des symptômes moins nombreux et moins intenses. Elle passe d’ailleurs généralement inaperçue pour les plus jeunes.

Peut-on avoir la mononucléose sans le savoir ?

Il faut savoir qu’il est tout à fait possible de contracter la mononucléose sans même le savoir. Lorsque l’infection par le virus Epstein-Barr touche de jeunes enfants, les symptômes sont souvent très légers : la mononucléose passe alors totalement inaperçue. Par ailleurs, ses symptômes sont très souvent confondus avec de petits maux de gorge, qui surviennent souvent durant l’enfance. Cependant, lorsque le premier contact survient à l’adolescence ou à l’âge adulte, l’infection s’accompagne d’une mononucléose dans la moitié des cas. Les symptômes sont alors bien plus importants et prononcés. A l’heure actuelle, les médecins et les chercheurs ignorent encore pourquoi certaines développent cette maladie, alors que d’autres non. Une chose est cependant certaine : si vous avez déjà eu la mononucléose, vous ne pourrez pas l’avoir deux fois.

Les symptômes de la mononucléose

Il faut savoir que la période d’incubation de la mononucléose est de quatre à sept semaines. Elle est sans symptômes et donc très difficile (voire impossible)  à détecter sans examen médical. Dans la plupart des cas, la forme typique de cette maladie commence par l’installation d’une fatigue progressive et d’une fièvre modérée, de l’ordre de 38 °C. Ensuite, les symptômes commencent à se développer dans l’organisme. Ils sont généralement :

  • Une fatigue extrême ;
  • Une fièvre importante allant jusqu’à 40,5 °C, qui s’accompagne de frissons et qui dure entre sept et quatorze jours (parfois plus) ;
  • Des maux de tête ;
  • Une perte d’appétit ;
  • Des douleurs musculaires ;
  • Une angine douloureuse avec une déglutition difficile ;
  • Des ganglions gonflés dans le cou et sous les aisselles. D’autres endroits du corps peuvent être concernés, comme l’aine.
  • Une augmentation du volume de la rate (uniquement observée par le médecin au cours de l’examen). En cas de douleur aiguë et située en haut à gauche du ventre, il est urgent de consulter un médecin. Une rupture de la rate est possible.
  • Une possible apparition de plaques rouges sur les cuisses, les bras et le tronc en cas de prise d’antibiotiques. Il ne s’agit pas là d’une réaction allergique au médicament, mais d’une réaction propre au cas de l’infection par Epstein-Barr.

Le diagnostic de la maladie

Dès l’apparition des premiers symptômes, il est important de consulter son médecin. Celui-ci va commencer par effectuer un prélèvement des sécrétions dans la gorge, de manière à identifier la mononucléose infectieuse. En effet, ses symptômes sont souvent confondus avec ceux de l’angine ou de la pharyngite bactérienne.

Pour confirmer le diagnostic, un monotest est souvent utilisé en parallèle d’autres tests sanguins. Ainsi, on peut exclure la possibilité d’un lien entre les symptômes et une autre maladie, telle que la toxoplasmose ou une infection au cytomégalovirus, par exemple.

Par ailleurs, les personnes ayant eu des rapports sexuels non protégés peuvent également subir un dépistage du VIH, qui est le virus de l’immunodéficience humaine. En effet, les premiers symptômes de cette infection peuvent rappeler ceux de la mononucléose infectieuse.

Le traitement de la mononucléose infectieuse

Il n’existe pas de traitement ou de médicament spécifique visant à guérir la mononucléose. En règle générale, le traitement de la mononucléose est symptomatique. Cela signifie que la prise en charge concerne les symptômes et non le virus en lui-même. Le repos physique est essentiel dans le cadre de ce traitement, il s’accompagne la plupart du temps d’antalgiques pour réduire les douleurs. Dans certains cas, les médecins prescrivent des antibiotiques. C’est le cas pour 20 % des personnes touchées, qui développent une infection bactérienne en parallèle de la mononucléose. De plus, des corticostéroïdes peuvent être prescrits pour traiter une augmentation anormale de la taille des amygdales.

Dans le cas d’une forme compliquée liée à une anémie ou une hépatite, un traitement à base de corticothérapie est proposé durant une dizaine de jours. La mononucléose infectieuse est bénigne, et son traitement est très simple. Or, celui-ci devra s’adapter aux possibles complications présentées par les patients.

Conseils pour un bon rétablissement

En convalescence, il faut éviter de porter des objets lourds durant deux mois, afin d’éviter une possible rupture de la rate. Il faut également, et pour la même raison, éviter de pratiquer des sports de contact et des sports exigeants durant huit semaines. Le repos est essentiel pour se remettre rapidement et correctement de la mononucléose. De plus, vous pourrez aussi veiller à boire beaucoup d’eau, des jus et des bouillons pour éviter une déshydratation. Adopter un régime alimentaire sain et équilibré est un excellent moyen d’aider l’organisme à reprendre le dessus sur le virus.

Les évolutions possibles de la maladie

Dans la plupart des cas, les symptômes régressent de manière spontanée en quelques jours (entre une et deux semaines). Mais avec la fatigue, la période de convalescence peut être plus ou moins longue. Et dans certains cas, la mononucléose peut entraîner des complications. Une prise en charge médicale est indispensable en cas de complications, et elle est vivement conseillée dès les premiers symptômes de la maladie.

Rupture de la rate et atteintes d’organes

En phase aiguë de l’infection, la rate peut être amenée à gonfler, comme nous l’avons déjà précisé. Si elle gonfle trop et qu’elle ne bénéficie pas d’une prise en charge médicale, la rate peut se rompre. Il s’agit d’une complication rare, mais classique de la mononucléose, aux conséquences graves. Au cours des examens, les médecins s’assurent que cet organe n’est pas de taille excessive.

Par ailleurs, des complications peuvent toucher certains organes du corps, comme le cœur (myocardite), le cerveau (méningite, encéphalite), les reins (néphrite), les poumons (pneumonie)… Pour ces raisons, l’examen médical demeure nécessaire. Une prise en charge correcte des complications permet de les contrer en quelques jours et d’engager de bons pronostics.

Des complications sanguines possibles

Parfois, la mononucléose est responsable de complications sanguines. Il peut s’agir d’une baisse du taux d’hémoglobine (anémie) en raison de la destruction des globules rouges. Il peut également s’agir d’une diminution des plaquettes, entraînant une anomalie de coagulation du sang. Dans la plupart des cas, ces complications sont bénignes si elles sont rapidement traitées.

D’autres évolutions possibles

La mononucléose infectieuse peut évoluer vers le syndrome de fatigue chronique. En plus d’une fatigue constante, la maladie entraîne des douleurs articulaires et musculaires ainsi que des maux de tête et de gorge. Elle provoque aussi des troubles psychologiques et neurologiques, une fièvre prolongée, des douleurs aux ganglions, un amaigrissement modéré et une pharyngite.

Par ailleurs, la mononucléose peut aussi provoquer la maladie de Lipschutz, dans de rares cas et uniquement chez les jeunes filles. Il s’agit d’une inflammation de la vulve, n’entraînant pas de fièvre. Elle prend la forme d’une ulcération douloureuse, qui va ensuite cicatriser.

Dans de rares cas, le virus Epstein-Barr cause un syndrome d’activation des macrophages. Ces derniers détruisent une partie des cellules de la moelle osseuse et peuvent aussi réduire les lignées de cellules sanguines : globules blancs, rouges et plaquettes.

Enfin, le virus Epstein-Barr peut être associé à une élévation du risque de développement de plusieurs types de cancers, comme le cancer du nasopharynx ou celui des lymphomes. Il s’agit de cancers très rares, mais qui sont couramment trouvés chez les personnes qui portent le virus.

Peut-on prévenir la mononucléose ?

À l’heure actuelle, il n’existe aucun moyen sûr de prévenir la mononucléose infectieuse. De plus, il n’existe pas de vaccin contre le virus Epstein-Barr. Cependant, les personnes qui n’ont jamais eu la mononucléose et qui présentent une santé fragile peuvent mettre en place certaines mesures. Celles-ci sont à adopter en présence d’autres personnes atteintes de la mononucléose, ou de celles qui ont eu cette maladie plusieurs semaines ou quelques mois auparavant. Pour éviter la contagion, il est possible de :

  • Bien se laver les mains régulièrement ;
  • Se protéger des éternuements ;
  • Ne pas partager sa nourriture ;
  • Aérer son logement au moins une fois par jour ;
  • Ranger sa brosse à dents après usage ;
  • Nettoyer les objets souvent utilisés, comme le téléphone ;
  • Retirer l’enfant ou l’adolescent de l’école en cas de mononucléose infectieuse, notamment durant la phase aiguë.
  • Éviter de partager un verre, des couverts ou des plats avec d’autres personnes ;
  • Et enfin, éviter les baisers sur la bouche avec une personne touchée par la mononucléose.

Ce qu’il faut retenir

La mononucléose infectieuse est bénigne dans la majeure partie des cas. Elle se soigne en quelques jours, avec du repos et quelques antalgiques. Or, des évolutions et complications de la maladie demeurent possibles. Dans ces cas, la maladie peut être grave notamment si elle n’est pas prise en charge rapidement. Dès les premiers symptômes, la consultation médicale est nécessaire pour une prise en charge adaptée, et pour limiter les risques de complication.

Mononucléose : Définition, causes, symptômes et traitements
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